Publicité : la crise de l’écrit
Le chiffre est significatif de l’ampleur des difficultés rencontrées par la presse écrite hexagonale. Selon la même étude, le secteur a dépensé en huit mois 234,1 millions d’euros en télévision, contre seulement 24 millions l’an dernier (mais la grande distribution n’avait accès qu’aux seules chaînes du câble et du satellite). Comme le craignaient et l’annonçaient la plupart des groupes de presse, l’écrit a bel et bien été la victime de l’ouverture des écrans télés. D’autant que la radio a très peu souffert : les dépenses de la distribution sur ce média sont en baisse de seulement 2,3 % (soit 9 millions d’euros) à 380,5 millions d’euros. En revanche, l’affichage a vu ses recettes en provenance de la distribution baisser de 18,5 % (soit 48 millions) à 219,7 millions. Mais pour la presse écrite, la chute est d’autant plus difficile à digérer que ce média ne dispose d’aucun moyen de compenser cette perte de recettes. A l’issue du premier semestre, Yacast France indiquait ainsi que les recettes publicitaires globales de la presse écrite s’établissaient en baisse de 5,8 %. Segment par segment, c’est surtout la presse quotidienne payante qui souffre le plus : sur le premier semestre, ses recettes publicitaires reculaient de 9,8 %, un niveau rarement atteint. A l’inverse la presse quotidienne gratuite se porte bien : une hausse de 35 % au premier semestre. Et la grande distribution demeure un annonceur fidèle : sur les huit premiers mois, Faute de remettre en cause leur stratégie éditoriale, le secteur n’essaie même pas de profiter de la croissance de l’Internet. A l’inverse de leurs confrères américains ou britanniques, les éditeurs français (à l’exception peut-être du Monde) n’ont toujours pas développé une offre éditoriale en ligne, allant au-delà de la seule lecture des dépêches d’agence. Une pauvreté de l’offre qui explique une audience des sites relativement peu développée, se traduisant au final par des recettes nouvelles marginales. Pourtant, même en France, l’Internet devient un acteur majeur sur le marché de la publicité : selon Yacast France, au premier semestre 2007, les dépenses publicitaires en ligne se sont élevées à 1,284 milliard d’euros. Un niveau proche des recettes de la radio (1,4 milliard). Un montant qui ne profite guère à la presse.
Selon Yacast France, à fin août 2007, les dépenses publicitaires consacrées par la distribution à la presse écrite étaient en recul de 19,7 % par rapport aux huit premiers mois de 2006. En espèces sonnantes et trébuchantes, cela donne une perte de recette de 54,2 millions d’euros (à 221,2 millions d’euros). C’est, évidemment, l’ouverture depuis le 1er janvier des écrans de télévision aux annonceurs de la grande distribution qui a provoqué cet effondrement.