BSkyB sous pression
Mauvais début de semaine pour BSkyB. Le leader britannique de la télévision payante vient de perdre deux décisions, aux conséquences potentiellement dommageables pour ses finances et son activité commerciale. Lundi 29 septembre, c’est tout d’abord le tribunal d’appel de la concurrence qui a rejeté l’appel de BSkyB dans l’affaire ITV pour annuler la décision de la commission de la concurrence. En 2006, pour bloquer l’offensive de Virgin Media avec lequel il était en conflit sur le coût des chaînes que le câblo-opérateur diffusait sur ses réseaux, BSkyB avait acquis 17,5 % du capital d’ITV, la chaîne que Virgin Media souhaitait acquérir. Malgré la décision du conseil de la concurrence imposant au géant de l’audiovisuel de redescendre sous la barre des 7,5 % du capital, BSkyB souhaite maintenir sa participation.
Contrairement à 2006, ce souhait n’a plus rien à voir avec Virgin Media : depuis les deux groupes se sont rabibochés. En fait, ce n’est qu’une question financière : à l’époque BSkyB avait déboursé 940 millions de livres. Depuis, le cours d’ITV s’est effondré en bourse, ne valorisant plus qu’à 300 millions de livres la participation de la filiale britannique de News Corp. Une perte de plus de 600 millions que BSkyB souhaite manifestement éviter à prendre en compte, en faisant durer le plus longtemps possible le problème. Personne n’excluait ainsi que le groupe puisse interjeter un nouvel appel auprès de la Cour d’appel. Malgré les rumeurs de possible OPA sur ITV de la part de différents groupes audiovisuels européens (comme RTL ou Mediaset) si BSkyB devait vendre sa participation, les analystes demeurent prudents compte tenu de la crise boursière et financière qui pourrait rendre très difficile le refinancement d’une opération évaluée à 4 milliards (en prenant en compte la dette et le coût du fonds de pension).
Le deuxième coup dur est venu, mardi 30 septembre, de l’Ofcom. A l’issue d’une enquête sur le marché de la télévision payante et des pratiques commerciales du groupe audiovisuel, le gendarme britannique des communications a mis en demeure BSkyB de rendre accessible aux autres diffuseurs (notamment aux services d’IPTV) ses programmes premium : le sport (principalement la première ligue de football) et le cinéma. Principal acteur de ce marché (avec quelque 9 millions d’abonnés), BSkyB est aussi entré sur le marché du haut débit, en faisant de ses contenus audiovisuels son fer de lance pour gagner des parts de marchés dans le triple play. Ce qui lui a plutôt bien réussi : il comptait, fin juin, 1,628 million d’abonnés au haut débit. Ce qui en fait l’un des principaux concurrents de BT dans le haut débit, sa croissance (un gain de 200 000 clients au cours du deuxième trimestre) étant la plus rapide du secteur. Mais l’opérateur historique considérait que la concurrence n’était pas loyale. D’où la saisie de l’Ofcom. Si le gendarme ne remet pas en cause le coût de revente des programmes de BSkyB, il veut toutefois l’obliger à laisser ses concurrents reprendre ses chaînes premium. De quoi augmenter la concurrence entre les différentes offres de service de télévisions, mais au passage le groupe audiovisuel perdra certainement une partie de ses avantages. Si BSkyB se dit prêt à engager des discussions, le groupe se retrouve toutefois sous pression.