Mobile : l’impact de Free sur les consommateurs
Cinq mois après le lancement commercial de Free Mobile, la chaire d’économie numérique de l’université de Paris-Dauphine vient, opportunément, de publier la deuxième édition de son baromètre qui mesure l’équipement numérique des Français et l’évolution de leurs comportements. Evidemment, le baromètre consacre une large part à l’effet Free Mobile. Et pour ceux qui pouvaient en douter encore (les opérateurs concurrents par exemple), cet effet, au-delà du nombre d’abonnés gagnés par le quatrième opérateur durant le premier trimestre (2,6 millions), est bel et bien visible.
Tout premier enseignement du baromètre, les abonnés mobiles plébiscitent les offres à moins de 20 euros : en trois mois, ce segment gagne près de 4 points de parts de marché à 36 %. A l’inverse, la gamme des tarifs entre 21 euros et 50 euros qui constitue le cœur des gammes des opérateurs mobiles « historiques », perd près de 3 points à 44,4 %. Enfin, les gros contributeurs (plus de 51 euros) sont en recul de 22,7 %, la part de marché tombant à 5,1 %. Une évolution très rapide qui donne une idée assez précise sur le déplacement du cœur du marché mobile et sur le recul du revenu moyen par abonné à venir chez les grands opérateurs. Orange a ainsi indiqué s’attendre à une baisse de 10 % de l’Arpu cette année. Pour les opérateurs, le casse-tête marketing et commercial ne fait d’ailleurs que commencer comme l’indiquent différents signaux. Selon l’étude universitaire, le principal argument pour changer d’opérateur demeure en effet, loin devant, le prix (à près de 74 %), la qualité de la connexion et le service client, les deux principaux arguments mis en avant par les opérateurs mobiles « historiques » pour tenter de freiner l’érosion, ne venant qu’en troisième et sixième position. En revanche, le débit proposé constitue un vrai intérêt pour les abonnés : il se classe en deuxième avec 37,2 % (et une progression de 11,2 %). Un argument qui peut justifier les efforts faits par les opérateurs pour accélérer l’évolution de leurs réseaux 3G vers le 3G +, à condition toutefois que les débits promis deviennent réels et proposent une véritable amélioration du service.
Autre cause d’inquiétude pour les grands opérateurs : cette migration touche toutes les catégories socioprofessionnelles ou les différentes classes d’âge. Une étude, une de plus, qui confirme donc que les arguments marketing avancés par les opérateurs (la qualité du réseau et le service client) ne sont pas les bons. Pourtant, en présentant ses nouveaux forfaits Origami, Orange a de nouveau insisté sur ces points. D’ailleurs, les campagnes publicitaires lancées par Orange ou ses principaux concurrents après l’arrivée de Free Mobile étaient toutes formatées selon ce même modèle. Un discours qui paraît donc en contradiction avec les attentes de la majorité des abonnés. Une contradiction qui n’est donc pas tenable longtemps. Reste à savoir, non pas si les opérateurs « historiques » vont réduire significativement l’écart de prix, mais quand.